Une autre histoire
Publié : 21 févr. 2021, 00:29
Bonsoir à tous
A la vue de cet hommage à Marcel Dadi que j'avais un peu zappé, hé oui la mémoire commence à se diluer!
J'aimerai vous raconter une anecdote qui m'est arrivé avec une vedette que je n'affectionnais pas spécialement et qui m'a fait comprendre à quel point il est difficile de vivre de la musique.
L'intéressé n'est autre que Gerard Blanc chanteur et guitariste de Martin Circus.Nous sommes en 1998 étant directeur d'un petit club discothèque de la région Alésienne, je reçois régulièrement des propositions de Radio Nostalgie pour des passages d'artistes accessibles financièrement dans le cadre de soirées.
Mon patron ne connaissant pas Gérard Blanc me convainc de le produire. Je reçois donc Gérard à 17h30 le samedi pour faire la balance,
(et oui les dj de cette époque ne sont fascinés que par les Technics sl 1200)
je lui demande quels sont ses besoins et il me dit :" Tu me branches simplement ce pod à la console"
Il a une guitare folk, il est gaucher et commence à gratter du blues à faire hérisser les poils d'un sourd, un son d'enfer digne d'un John Lee Hooker, Chuck Berry , je suis bluffé, je n'imaginais pas le talent de ce mec à la gratte.
le soir à minuit il monte sur scène et commence à jouer son tube "une autre histoire" qui a bien fonctionné quelques années plus tôt mais, rien, les gens n'écoutent, pas vont au bar, le flop quoi...
Je suis dans mon bureau, dans bâtiment externe à la discothèque, mon patron arrive et me demande si je l'ai vu car il n'est plus dans l'établissement .Nous partons donc à sa recherche et rien ,introuvable...
Nous sommes en décembre il fait un froid de canard , je demande à tous les portiers personne ne la vu. Je monte sur la scène et je comprends très vite qu'il est sorti par l'issue de secours qui donne sur une petite cour clôturée.
En fait, après sa prestation ,il est sorti par cette issue qui s'est refermé automatiquement le dj a enchainé sa programmation, et impossible de l'entendre frapper à cette porte.
J'ouvre la porte et je vois Gérard complètement glacé dans son costume en satin blanc (jaunie et defraichi) très en colère il me hurle tous les noms d'oiseaux que je vous laisse imaginer. Je lui présente mes excuses plusieurs fois mais rien ne le calme, il me menace de déposer plainte s'il perd sa voix et qu'il ne puisse pas honorer ses dates. Je suis confus et peiné, mais bon c'est un concours de circonstance.
Je lui propose du café il me dit:" non je veux téléphoner."
Nous voilà donc reparti dans le froid en direction de mon bureau je lui indique la pièce attenante d'où il peut appeler (eh oui 1998 pas trop de smartphone encore)
Je l'attends prendre une voix très douce qui contraste avec tout ce qu'il venait de me jeter à la figure, et je me lève pour fermer la porte.
Au bout de dix bonnes minutes il ressort et me lance :
-Tu écoutes ce que je dis au téléphone en plus ?
Instantanément mon coté cévenol a ressurgit:
-Bon alors là, la vedette maintenant ça suffit, on a merdé je t'ai présenté x fois mes excuses mais tes conversations avec qui que ce soit j'en rien à faire ça ne m'intéresse pas, donc tu prends ta vieille Mercedes qui cote moins que ma twingo et tu te tires.
Nous sommes sortis, il est partit en direction de sa bagnole et moi de la boite.
j'étais à peine entrer qu'un portier est venu me dire qu'on me demandais à l'entrée.
J'arrive dans le hall et je vois Gérard Blanc l'air apaisé qui me dit:
-" Excuse-moi , je me suis un peu trop emporté."
je l'ai remercié, je me suis encore excusé, et dit que pour moi ça resterait "une belle histoire."
Quelques années plus tard j'ai appris son décès et franchement ça ma peiné.
Voilà j'espère que ce post ne seras pas trop à lire et vive la musique.
A la vue de cet hommage à Marcel Dadi que j'avais un peu zappé, hé oui la mémoire commence à se diluer!
J'aimerai vous raconter une anecdote qui m'est arrivé avec une vedette que je n'affectionnais pas spécialement et qui m'a fait comprendre à quel point il est difficile de vivre de la musique.
L'intéressé n'est autre que Gerard Blanc chanteur et guitariste de Martin Circus.Nous sommes en 1998 étant directeur d'un petit club discothèque de la région Alésienne, je reçois régulièrement des propositions de Radio Nostalgie pour des passages d'artistes accessibles financièrement dans le cadre de soirées.
Mon patron ne connaissant pas Gérard Blanc me convainc de le produire. Je reçois donc Gérard à 17h30 le samedi pour faire la balance,
(et oui les dj de cette époque ne sont fascinés que par les Technics sl 1200)
je lui demande quels sont ses besoins et il me dit :" Tu me branches simplement ce pod à la console"
Il a une guitare folk, il est gaucher et commence à gratter du blues à faire hérisser les poils d'un sourd, un son d'enfer digne d'un John Lee Hooker, Chuck Berry , je suis bluffé, je n'imaginais pas le talent de ce mec à la gratte.
le soir à minuit il monte sur scène et commence à jouer son tube "une autre histoire" qui a bien fonctionné quelques années plus tôt mais, rien, les gens n'écoutent, pas vont au bar, le flop quoi...
Je suis dans mon bureau, dans bâtiment externe à la discothèque, mon patron arrive et me demande si je l'ai vu car il n'est plus dans l'établissement .Nous partons donc à sa recherche et rien ,introuvable...
Nous sommes en décembre il fait un froid de canard , je demande à tous les portiers personne ne la vu. Je monte sur la scène et je comprends très vite qu'il est sorti par l'issue de secours qui donne sur une petite cour clôturée.
En fait, après sa prestation ,il est sorti par cette issue qui s'est refermé automatiquement le dj a enchainé sa programmation, et impossible de l'entendre frapper à cette porte.
J'ouvre la porte et je vois Gérard complètement glacé dans son costume en satin blanc (jaunie et defraichi) très en colère il me hurle tous les noms d'oiseaux que je vous laisse imaginer. Je lui présente mes excuses plusieurs fois mais rien ne le calme, il me menace de déposer plainte s'il perd sa voix et qu'il ne puisse pas honorer ses dates. Je suis confus et peiné, mais bon c'est un concours de circonstance.
Je lui propose du café il me dit:" non je veux téléphoner."
Nous voilà donc reparti dans le froid en direction de mon bureau je lui indique la pièce attenante d'où il peut appeler (eh oui 1998 pas trop de smartphone encore)
Je l'attends prendre une voix très douce qui contraste avec tout ce qu'il venait de me jeter à la figure, et je me lève pour fermer la porte.
Au bout de dix bonnes minutes il ressort et me lance :
-Tu écoutes ce que je dis au téléphone en plus ?
Instantanément mon coté cévenol a ressurgit:
-Bon alors là, la vedette maintenant ça suffit, on a merdé je t'ai présenté x fois mes excuses mais tes conversations avec qui que ce soit j'en rien à faire ça ne m'intéresse pas, donc tu prends ta vieille Mercedes qui cote moins que ma twingo et tu te tires.
Nous sommes sortis, il est partit en direction de sa bagnole et moi de la boite.
j'étais à peine entrer qu'un portier est venu me dire qu'on me demandais à l'entrée.
J'arrive dans le hall et je vois Gérard Blanc l'air apaisé qui me dit:
-" Excuse-moi , je me suis un peu trop emporté."
je l'ai remercié, je me suis encore excusé, et dit que pour moi ça resterait "une belle histoire."
Quelques années plus tard j'ai appris son décès et franchement ça ma peiné.
Voilà j'espère que ce post ne seras pas trop à lire et vive la musique.