Hommage au Poète disparu
Publié : 27 nov. 2021, 11:02
Bonjour Tous,
Il y a eu quelques semaines déjà, un hommage pour l'anniversaire de la disparition de M.Brassens . Pour cela j'ai rédigé un petit mot ici et là, et je tenais à vous le faire partager.
Bonne lecture et bon WE.
Amitiès
Pascal
--------
On ressent la chaleur irrégulière du poêle à charbon, planté au milieu de la pièce blanchie à la chaux.
La chandelle en fer blanc se dresse sur un meuble de quatre planches mal rabotées, appuyé sur le mur .
Au coin, on y aperçoit, un reste de châle, calé au fond d’un fauteuil aux manches délavées. Le chien, en boule, dort, sur une pile de vieux journaux.
Des savates imprimées par l’usage d’un sol de planches, attendent leur maître près de l’entrée.
L’endroit respirait le tabac du peuple. Cette fumée se dégageait d’une pipe sans ornement, aussi simple que celui qui la tenait entre ses dents.
Sur la table centenaire se tenait éparpillées, ici et là, des feuilles de musique maltraitées par des mains habiles, aux extrémités rongées par le travail des cordes.
Le carreau fissuré de la fenêtre laissait échapper des accords qui se mélangeaient au tumulte de la rue.
Sur le pavé mouillé d'eau de pluie, le bruit des godillots de bois du petit peuple, couvraient celui des semelles cloutées des "verts de gris" défilant aux Champs Elysées.
Là, où la folie d’un homme essayait de décrocher les étoiles du firmament pour les coudres sur les habits mis en file devant les autobus et les wagons de marchandise, notre Artiste dessinait des vastes prairies de notes, où se marient le trèfle à quatre feuilles et la marguerite.
Là, où les partitions géraient les notes et les croches, en rang serrés, au rythme du pas de l’oie, notre Artiste, dessinait des croches, des blanches et des soupirs sur fond de liberté, bordés d’harmonies champêtres.
Là, où la musique était sur fond de délation, de privation et de peur, notre Artiste par sa candeur et son innocence, avait inscrit les lettres d’amour de son prénom dans le cœur de Jeanne.
Il posa son crayon de mine, tira une bouffée de sa pipe, et claqua les nouveaux accords sur sa guitare…
« Qu’est ce que ‘t’en dit Jeanne ? »
« ça te plait ?»
« Ben, répond Jeanne, … »
Mais la pensée et l’amour de Jeanne étaient depuis quelques temps obnubilé par ce quotidien :
« qu’allons-nous manger ce soir ? »
Derrière le carreau fendu de l'unique fenêtre façonnée par le temps, résonnait les godillots à semelle de bois, sur le pavé de la rue, mouillé par la sueur et la misère du petit peuple opprimé.
Depuis les "verts de gris" sont partis. La chandelle en fer blanc a été remplacée par la lumière du succès. La pièce aux murs de chaux s’est transformée en scènes mythiques. La chaleur du poêle a été remplacée par celle de nos applaudissements.
Aujourd’hui, en toute Liberté, l’esprit du Poète, se repose, à jamais, dans le cœur des Hommes.
Merci Jeanne!
Il y a eu quelques semaines déjà, un hommage pour l'anniversaire de la disparition de M.Brassens . Pour cela j'ai rédigé un petit mot ici et là, et je tenais à vous le faire partager.
Bonne lecture et bon WE.
Amitiès
Pascal
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On ressent la chaleur irrégulière du poêle à charbon, planté au milieu de la pièce blanchie à la chaux.
La chandelle en fer blanc se dresse sur un meuble de quatre planches mal rabotées, appuyé sur le mur .
Au coin, on y aperçoit, un reste de châle, calé au fond d’un fauteuil aux manches délavées. Le chien, en boule, dort, sur une pile de vieux journaux.
Des savates imprimées par l’usage d’un sol de planches, attendent leur maître près de l’entrée.
L’endroit respirait le tabac du peuple. Cette fumée se dégageait d’une pipe sans ornement, aussi simple que celui qui la tenait entre ses dents.
Sur la table centenaire se tenait éparpillées, ici et là, des feuilles de musique maltraitées par des mains habiles, aux extrémités rongées par le travail des cordes.
Le carreau fissuré de la fenêtre laissait échapper des accords qui se mélangeaient au tumulte de la rue.
Sur le pavé mouillé d'eau de pluie, le bruit des godillots de bois du petit peuple, couvraient celui des semelles cloutées des "verts de gris" défilant aux Champs Elysées.
Là, où la folie d’un homme essayait de décrocher les étoiles du firmament pour les coudres sur les habits mis en file devant les autobus et les wagons de marchandise, notre Artiste dessinait des vastes prairies de notes, où se marient le trèfle à quatre feuilles et la marguerite.
Là, où les partitions géraient les notes et les croches, en rang serrés, au rythme du pas de l’oie, notre Artiste, dessinait des croches, des blanches et des soupirs sur fond de liberté, bordés d’harmonies champêtres.
Là, où la musique était sur fond de délation, de privation et de peur, notre Artiste par sa candeur et son innocence, avait inscrit les lettres d’amour de son prénom dans le cœur de Jeanne.
Il posa son crayon de mine, tira une bouffée de sa pipe, et claqua les nouveaux accords sur sa guitare…
« Qu’est ce que ‘t’en dit Jeanne ? »
« ça te plait ?»
« Ben, répond Jeanne, … »
Mais la pensée et l’amour de Jeanne étaient depuis quelques temps obnubilé par ce quotidien :
« qu’allons-nous manger ce soir ? »
Derrière le carreau fendu de l'unique fenêtre façonnée par le temps, résonnait les godillots à semelle de bois, sur le pavé de la rue, mouillé par la sueur et la misère du petit peuple opprimé.
Depuis les "verts de gris" sont partis. La chandelle en fer blanc a été remplacée par la lumière du succès. La pièce aux murs de chaux s’est transformée en scènes mythiques. La chaleur du poêle a été remplacée par celle de nos applaudissements.
Aujourd’hui, en toute Liberté, l’esprit du Poète, se repose, à jamais, dans le cœur des Hommes.
Merci Jeanne!